C'est marrant, les gens que j'aime, je les écouterais parler pendant des heures,
raconter leur vie, même les anecdotes les plus banales, anodines et sans intérêt, alors que dès que je prends la parole, j'ai l'impression que ce que je viens de dire est stupide, sans importance,
même si en fait ça en a.
Oui, j'ai vu Ludy cet aprèm. Elle a débarqué à l'improviste, alors qu'on se regardait Qui veut la peau de Roger Rabbit. Je l'avais vue ce matin, à l'arrêt de car, vraiment en coup de vent
parce qu'elle était en retard.
On a discuté de tout et de rien, du lycée surtout bien sûr.
Ses monstres de frangins ont lu sont journal et la font chier avec ses dessins (elle en a fait un sublime, d'elle et R., son beau danseur, enlacés, en noir et blanc, j'adore !) et ce qu'elle a
marqué autour.
Tout à l'heure je suis rentrée avec M., dans son car, du coup on s'est fait charrier, il paraît qu'on traîne trop ensemble. Si ça les amuse, qu'ils pensent ce qu'ils veulent...
Demain il y a grève. Avec la Grande Inséparable, on veut aller à la grand-ville. J'ai dû négocier avec Maman et elle doit en discuter avec Papa pour savoir si je peux avoir 2 euros pour y aller. De
toute façon, je vais en taxer 5 à M., ça sera résolu. Et j'irai là-bas qu'ils le veuillent ou non !
En ce moment je fais des accrostiches sur Lou. Oui bon, je sais, Appolinaire l'a fait avant moi.
(Un exemple ? Soyez indulgents, hein ! Le passé, mes attaches n'ont plus la moindre importance
Où tu vas, lumière de ma vie, cadeau de ma chance,
Un ouragan ne m'empêcherait de te suivre, hors de l'enfance)